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bienvenue sur le blog de l’association amodid henri guaino : le prisonnier de ses idées !! 9 octobre 2008 petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président sarkozy : ce que sont ces étranges « amis de l’afrique »… 09 october, 2008 02:00:00 le republicain taille de la police: préface de elikia m’bokolo le plus surprenant concerne l’afrique elle-même, où le contexte mémoriel comporte des paradoxes saisissants. ii est important de souligner que le premier à réagir au « discours de dakar» a été le président sud-africain thabo mbeki. sa réaction, largement positive, avec la seule réserve concernant sa maîtrise de la langue française et les subtilités discursives de ce discours, affirmait la convergence totale de ses points de vue avec ceux du président français: ce discours, dit-il en substance, peut former la base d’un dialogue entre l’afrique et l’europe. d’autres responsables africains ont tenu à témoigner des «malentendus» entourant ce discours : nicolas sarkozy reste, selon eux, un « ami de l’afrique» ; la paternité du discours ne lui reviendrait pas; il ne l’aurait pas lu avant d’entrer dans l’amphithéâtre où le discours a été prononcé et n’en aurait connu le contenu qu’en le prononçant! le seul qui ait été cohérent avec ses fonctions à la tête de la commission de l’union africaine est alfa oumar konaré qui, sur les antennes de radio france internationale, qualifia ces propos d’” inacceptables ». habile dans le jeu bien connu, mis au point tout au long des dominations que l’afrique a connues et consistant, pour discréditer un africain, à lui opposer un autre africain conforme à la posture favorable aux dominateurs, henri guaino n’a rien trouvé de mieux que de balayer d’un revers de la main les arguments de konaré pour valoriser les propos de thabo mbeki : sans se référer précisément à ses arguments, il voulut l’enfermer dans la position de celui qui, «resté dans son registre habituel, celui de la critique contre nicolas sarkozy », n’aurait rien compris à la singularité du discours de dakar! ces réactions doivent nous conduire encore plus loin, vers l’examen attentif des pratiques mémorielles dans l’afrique d’aujourd’hui. en se limitant aux faits les plus récents, on se rend compte que les contradictions sont énormes d’un pays à l’autre et à l’intérieur d’un même pays. les apologies de la colonisation ne manquent pas, comme on l’a vu en 2006 au congo, lors des fastueuses cérémonies accompagnant le « retour des cendres» de pierre savorgnan de brazza, l’explorateur franco-italien, créateur du congo français à la suite de la signature du « traité makoko » avec le « roi» des batéké, et des membres de sa famille à brazzaville, de même qu’en république démocratique du congo lorsque, à l’indignation générale, un ministre de la culture a tenté, sans succès, de réinstaller sur son socle colonial érigé à kinshasa aux temps du congo belge la statue équestre du roi des belges léopold ii. mais, dans ces deux pays, comme dans d’autres, des groupes actifs continuent d’exalter la mémoire des résistances et des luttes contre la traite et contre la colonisation. l’un des temps forts récents de ces combats fut, toujours en 2006, les manifestations marquant les commémorations, en angola, du tricentenaire du supplice de « dona béatrice» kimpa vita, la prophétesse antiesclavagiste, fondatrice du mouvement messianique des antoniens qui fut condamnée à être brûlée vive pour hérésie, et, au bénin, l’ancien dahomey, le centenaire de la mort de béhanzin, le douzième roi du dahomey, déporté en martinique après avoir lutté contre l’expansion coloniale française dans son pays. il y a donc urgence, plus exactement une double urgence pour les historiens que nous sommes et pour tous ceux qui défendent la même conception et la même pratique de l’histoire que nous: une urgence à réagir, à multiplier les lieux et les formes de réactions, et, surtout, une urgence à prendre l’initiative. la production scientifique relative à l’histoire de l’afrique est, de l’avis de tous les spécialistes, appréciable tant par sa quantité que par sa qualité. la seule inquiétude ici concerne la publication de ces travaux dont un trop grand nombre restent dans les rayonnages des centres de recherche spécialisés. il faut surtout se préoccuper de disséminer le plus largement possible l’histoire, la vraie histoire de l’afrique et des peuples africains, en afrique et hors d’afrique. la jeunesse africaine est avide de savoir. elle se pose légitimement des questions qui reviennent presque toujours à celle-ci: comment se fait-il que nous en soyons là où nous sommes aujourd’hui? parallèlement à l’écrit, nous disposons désormais de toutes sortes de moyens techniques pour procéder au mieux à cette dissémination. c’est là assurément le moyen le plus certain d’armer intellectuellement les citoyens d’afrique, d’ici et d’ailleurs, et d’empêcher les sarkozy et autres diseurs de balivernes, prétendument« amis de l’afrique» d’aller devant eux jouer aux montreurs. postface de catherine clément : un chef d’etat a-t-il le droit de se fier à ce point ? je pense que non philosophe de formation, romancière par ailleurs, je ne suis pas qualifiée pour intervenir dans des travaux d’historiens; je veux simplement porter témoignage d’un sérieux incident survenu au micro de france culture, un mercredi d’octobre 2007, alors qu’henri guaino était l’invité des «matins de france culture», émission d’ali baddou dans laquelle je tiens une chronique hebdomadaire sur « les cultures des autres ». j’avais sous les yeux l’entretien d’une page que mon amie adame ba konaré avait accordé cette semaine-là à l’hebdomadaire jeune afrique : elle y annonçait le lancement des travaux qui s’achèvent au moment où j’écris ces lignes, pour répondre aux propos tenus par le président de la république française lors de son voyage officiel au sénégal à l’université cheikh-anta diop – université où, sous l’autorité de mon jeune camarade souleymane bachir diagne, j’ai donné bénévolement un séminaire de troisième cycle de philosophie pendant les trois années de mon séjour à dakar, de 1996 à 1999. j’ai donc longuement fait état de l’interview d’adame ba konaré, puis j’ai interpellé henri guaino sur le contenu du discours de dakar, la question de l’auteur n’étant pas prioritaire: lui ou son supérieur hiérarchique, le contenu ne faisait aucune différence. très vite, j’ai dit ce que je pense: ces propos étaient” limite racistes ». encore ma formulation était-elle très réservée au regard de mes sentiments profonds. mon interlocuteur est aussitôt entré dans une violente colère en prétendant me faire taire; il n’a pas réussi. puis, et c’est là que je veux en venir, invoquant l’héritage des grands anthropologues français d’autrefois, il a rapproché le sort fait à ce discours de dakar des accusations portées contre claude lévi-strauss à propos de «race et culture 1 », conférence prononcée à la demande de l’unesco en 1971, succédant à race et histoire, conférence de 1952. «tenez, c’est exactement ce qui est arrivé à lévi strauss! », s’est exclamé henri guaino. précisons. en effet, après la publication de « race et culture », dans quelques hebdomadaires français de gauche, notamment le nouvel observateur, claude lévi-strauss a été accusé de racisme sous deux prétextes : d’abord, il utilisait la génétique des populations, discipline scientifique encore mal connue, et peu admise, le seul terme de « génétique» évoquant l’eugénisme et ses méfaits nazis de façon irréfléchie; ensuite, il décrivait avec précision les dangers des rapprochements hâtifs entre populations, les différences entre les cultures ayant besoin de distance et de pénombre pour se préserver, thèse qu’il n’a cessé de poser depuis lors sans susciter les mêmes réactions. simplistes et fumeuses, ces accusations de racisme ont disparu avec la popularisation et les progrès de la génétique contemporaine. peut-être me faut-il préciser qu’en 1970, j’ai publié le premier livre écrit sur lévi-